Par Salmen Briki, Co-fondateur et CEO de Taybah Education Group
De retour de Suède, où les Institutions éducatives Taybah ont participé à une compétition mondiale de football pour jeunes, Mme Asma Ghorbel, Directrice Générale de l’établissement, est également rentrée des États-Unis d’Amérique, où elle avait accompagné un groupe de nos élèves dans le cadre d’un voyage éducatif riche en découvertes, comprenant la visite de plusieurs universités et institutions américaines.
Nous avons immédiatement commencé à préparer un nouveau voyage réunissant vingt-trois participants, dont dix-sept élèves, âgés pour la plupart de douze à dix-sept ans.
Un nouveau voyage éducatif et culturel, certes, mais cette fois-ci, l’aventure s’annonçait différente : notre destination était la Chine, le pays de la Grande Muraille et du Dragon.
Un nouveau voyage éducatif et culturel, certes, mais cette fois-ci, l’aventure s’annonçait différente : notre destination était la Chine, le pays de la Grande Muraille et du Dragon.
La destination nous semblait lointaine, et le voyage, une aventure empreinte de mystère.
Ce sentiment n’était pourtant pas lié à la distance ni au nombre de kilomètres qui nous séparaient de la Chine, mais plutôt à une image profondément ancrée dans l’imaginaire populaire arabe, où la Chine a longtemps symbolisé l’éloignement et la difficulté d’accès. Au point que la célèbre expression «Recherchez le savoir, fût-ce en Chine» est devenue une manière d’évoquer le fait d’aller jusqu’aux confins de la terre en quête de connaissance.
Ce sentiment n’était pourtant pas lié à la distance ni au nombre de kilomètres qui nous séparaient de la Chine, mais plutôt à une image profondément ancrée dans l’imaginaire populaire arabe, où la Chine a longtemps symbolisé l’éloignement et la difficulté d’accès. Au point que la célèbre expression «Recherchez le savoir, fût-ce en Chine» est devenue une manière d’évoquer le fait d’aller jusqu’aux confins de la terre en quête de connaissance.
Mystère, curiosité, enthousiasme et tant de questions qui nous traversaient l’esprit… Et, plus que tout, une profonde soif de découvrir l’autre visage de l’Orient et son étonnant pouvoir de fascination.
Pour nous, la Chine était un nom lointain, une civilisation différente, une langue que nous ne connaissions pas, une écriture mystérieuse et une culture dont nous étions encore éloignés et que nous connaissions peu — ou plutôt, dont l’image était faite d’un mélange d’informations et d’impressions façonnées par ce que nous découvrions à travers les films et les médias.
Pour nous, la Chine était un nom lointain, une civilisation différente, une langue que nous ne connaissions pas, une écriture mystérieuse et une culture dont nous étions encore éloignés et que nous connaissions peu — ou plutôt, dont l’image était faite d’un mélange d’informations et d’impressions façonnées par ce que nous découvrions à travers les films et les médias.
Nous cherchions des réponses tout en préparant nos valises, en organisant nos pensées comme nous organisions nos bagages: Que mangerons-nous ? Comment se dérouleront l’hébergement et l’accueil ? Comment communiquerons-nous et nous déplacerons-nous?!
Tant de questions, encore davantage d’hypothèses, et une grande impatience à l’idée de vivre une expérience éducative, culturelle et humaine qui dépasserait le connu, l’habituel… et peut-être même ce que nous pouvions imaginer.
Pékin… les premières réponses
Des pages de l’Histoire à l’expérience vécue
Le 2 août 2026, nous avons quitté la Tunisie depuis l’aéroport de Tunis-Carthage, et notre voyage a débuté à Pékin.
Là, nous nous sommes retrouvés face à la grandeur de la Cité interdite, avant de parcourir la Grande Muraille de Chine, que nous avons longtemps connue comme l’une des nouvelles merveilles du monde. Car même ceux qui ne connaissent que peu de choses sur la Chine connaissent au moins une chose : sa Grande Muraille.
Là, nous nous sommes retrouvés face à la grandeur de la Cité interdite, avant de parcourir la Grande Muraille de Chine, que nous avons longtemps connue comme l’une des nouvelles merveilles du monde. Car même ceux qui ne connaissent que peu de choses sur la Chine connaissent au moins une chose : sa Grande Muraille.
Mais connaître la Grande Muraille est une chose ; se tenir sur ses remparts en est une tout autre.
J’observais les élèves et je réfléchissais à la différence entre voir sa photo dans un livre et se retrouver réellement dessus, à contempler son impressionnante étendue à travers les montagnes. À cet instant, la connaissance cesse d’être une simple information que l’on lit pour devenir une expérience que l’on vit.
J’observais les élèves et je réfléchissais à la différence entre voir sa photo dans un livre et se retrouver réellement dessus, à contempler son impressionnante étendue à travers les montagnes. À cet instant, la connaissance cesse d’être une simple information que l’on lit pour devenir une expérience que l’on vit.
Je voyais la curiosité et l’émerveillement dans leurs yeux tandis qu’ils gravissaient ses marches, se demandant : comment cette muraille a-t-elle pu être construite à cette époque, avec les moyens dont on disposait alors?
Face à un tel spectacle, qualifier la Grande Muraille de l’une des merveilles du monde prenait soudain tout son sens : nous pouvions désormais le ressentir et le vivre pleinement. Ce fut l’une des premières réponses que ce voyage nous apporta : nous étions face à une civilisation millénaire, dont l’histoire se déployait sous nos yeux, suscitant à la fois émerveillement et questionnements.
La langue chinoise… Peu de mots, mais des distances qui se rapprochent
Pendant notre séjour, les élèves suivaient régulièrement des cours de chinois.
Des mots qui leur semblaient difficiles au début ont peu à peu commencé à leur devenir familiers. Les élèves essayaient même de les utiliser au restaurant, dans les magasins ou simplement pour saluer.
Les caractères, si différents, et cette écriture singulière dont nous ne savions pas, au départ, dans quel sens elle commençait ni dans quel sens elle se terminait, nous sont progressivement devenus familiers. Et cette langue que nous avions longtemps considérée comme une barrière était désormais devenue un pont.
Des mots qui leur semblaient difficiles au début ont peu à peu commencé à leur devenir familiers. Les élèves essayaient même de les utiliser au restaurant, dans les magasins ou simplement pour saluer.
Les caractères, si différents, et cette écriture singulière dont nous ne savions pas, au départ, dans quel sens elle commençait ni dans quel sens elle se terminait, nous sont progressivement devenus familiers. Et cette langue que nous avions longtemps considérée comme une barrière était désormais devenue un pont.
Notre élève Nour m’a confié : « La langue chinoise n’était finalement pas aussi complexe que je l’imaginais… Elle m’a plu et je l’ai aimée. Elle m’a également permis de recevoir beaucoup de sympathie et de profiter de nombreuses opportunités. Les Chinois sont très heureux dès qu’ils vous entendent prononcer quelques chiffres ou quelques mots simples, et ils vous le rendent en vous accordant des réductions encore plus importantes. »
Et c’est là que nous avons une nouvelle fois compris que la meilleure façon de comprendre un autre peuple ne consiste pas seulement à découvrir ses monuments, mais aussi à chercher à se rapprocher de sa langue, de sa culture et de sa manière de penser.
Mais la Chine que nous avons découverte n’était pas seulement celle qui raconte des milliers d’années d’histoire.
C’était aussi une Chine qui, à bien des reprises, nous a fait nous dire les uns aux autres : « Comme si nous étions en train de visiter le futur. »
C’était aussi une Chine qui, à bien des reprises, nous a fait nous dire les uns aux autres : « Comme si nous étions en train de visiter le futur. »
Quand la technologie devient un mode de vie
Nous avons visité le Musée des sciences et de la technologie de Pékin, une visite qui revêtait une importance particulière pour nos élèves passionnés de sciences, de robotique et des domaines STEM. Mais la grande surprise fut de constater que la technologie ne se limitait pas aux murs du musée : nous l’avons retrouvée partout dans la vie quotidienne, accompagnant les gens jusque dans les gestes les plus simples de leur quotidien.
Nous avons constaté que le téléphone portable était presque devenu la clé de la vie quotidienne : pour payer, se déplacer, commander, réserver ou accéder à différents services. Des applications telles que WeChat et Alipay, ainsi que les codes QR, étaient présents presque partout, jusque dans les achats les plus simples du quotidien.
Et puisque ces services font du téléphone un compagnon indispensable, nous avons constaté que la location d’une batterie externe pour le recharger était un service facilement accessible dans de nombreux endroits. Dans les hôtels, nous avons également vu des robots livrer certaines commandes directement aux chambres ; une scène qui nous a étonnés, alors qu’elle semblait faire partie intégrante du quotidien et du fonctionnement ordinaire de la vie sur place.
Pour nos élèves adolescents, il ne s’agissait pas simplement de services pratiques, mais d’une véritable leçon concrète sur ce que signifie réellement la transformation numérique, ainsi que d’une occasion de voir, sous leurs yeux, les connaissances qu’ils acquièrent en sciences et en technologie prendre vie et se mettre au service des personnes. Ainsi, l’espace d’apprentissage s’est élargi bien au-delà du musée, faisant de la ville elle-même un vaste espace ouvert à la découverte.
Ce qui a le plus impressionné notre élève « Aman » : la propreté et la sécurité.
Le voyage n’a pas seulement changé notre perception de la Chine ; il a également transformé certaines des images que nous avions en tête avant notre arrivée. Notre élève Aman Allah l’a exprimé avec sa spontanéité habituelle : « Je ne connaissais pas grand-chose de la Chine. Sur les réseaux sociaux, je voyais surtout des vidéos humoristiques sur TikTok, accompagnées du hashtag “Le peuple chinois est vraiment incroyable”. J’imaginais que les rings de combat étaient partout et que j’allais assister à des affrontements d’arts martiaux ! Je ne m’attendais pas à trouver des lieux aussi sûrs et aussi propres. »
Ses paroles résumaient à elles seules la distance entre l’image façonnée par les écrans et l’expérience que nous vivons nous-mêmes.
Lorsque l’on voyage avec un groupe important d’élèves dans un pays lointain que l’on connaît peu, veiller à leur sécurité physique, psychologique et matérielle devient une préoccupation naturelle. Pour ma part, cette responsabilité a constitué une priorité absolue tout au long du voyage.
Mais très vite, la peur s’est dissipée et l’inquiétude a laissé place à un profond sentiment de sérénité et de sécurité.
Dans les centres commerciaux, les marchés, les rues, les gares et les sites touristiques très fréquentés, nous avons été frappés par le haut niveau d’organisation. Ce sentiment de sécurité nous a offert davantage de liberté pour profiter pleinement du voyage et multiplier les découvertes : notre attention pouvait désormais se porter sur l’observation de la vie qui nous entourait, les échanges avec les gens et la découverte de nouvelles expériences, plutôt que de consacrer notre énergie à surveiller constamment nos sacs et nos poches.
La propreté fut également l’un des aspects qui nous marquèrent le plus.
Lorsque l’on visite un pays d’une telle superficie et comptant une population aussi nombreuse, on s’attend naturellement à une forte densité, à beaucoup de bruit et, peut-être, à certaines difficultés à maintenir la propreté des espaces publics.
Mais ce que nous avons découvert était bien différent.
À Pékin comme à Chengdu, dans les gares, les centres commerciaux, les musées et les rues, le niveau de propreté nous a particulièrement impressionnés. Plus étonnant encore, nous avons parfois constaté que le nombre de poubelles visibles dans certaines rues était moins important que nous ne l’avions imaginé.
Et pourtant, les lieux restaient remarquablement propres.
À Pékin comme à Chengdu, dans les gares, les centres commerciaux, les musées et les rues, le niveau de propreté nous a particulièrement impressionnés. Plus étonnant encore, nous avons parfois constaté que le nombre de poubelles visibles dans certaines rues était moins important que nous ne l’avions imaginé.
Et pourtant, les lieux restaient remarquablement propres.
Ces observations nous ont naturellement conduits à échanger avec les élèves autour des valeurs de citoyenneté, d’appartenance et de responsabilité collective. Nous avons vu dans le soin accordé aux espaces communs et dans le respect de leur organisation une expression quotidienne du sentiment d’appartenance à la nation, ainsi que la conscience que ce qui appartient à tous mérite notre attention et notre préservation.
Ainsi, au-delà de la technologie et de l’architecture qui nous ont émerveillés, nous avons découvert une véritable leçon éducative à rapporter avec nous en Tunisie : la citoyenneté se manifeste aussi dans nos gestes du quotidien, dans une rue que nous veillons à garder propre, dans les règles que nous respectons et dans l’accueil que nous réservons aux visiteurs.
Le progrès que nous avons découvert avait également un visage profondément humain, qui nous a procuré un sentiment de sérénité et de confiance, tout en éveillant en nous l’envie de poursuivre nos découvertes.
Le train qui a redéfini notre conception de la culture du service
Parmi les expériences les plus marquantes et inspirantes de notre voyage, il y eut le trajet en train à grande vitesse entre Pékin et Chengdu.
Bien sûr, la vitesse exceptionnelle du train et la qualité des infrastructures nous ont impressionnés, mais ce qui a surtout retenu mon attention, ce sont les détails, parfois infimes.
À bord, il est possible de scanner le QR code situé près de son siège pour consulter les services disponibles. On peut également commander un repas auprès des restaurants et services proposés dans les différentes gares du trajet ; la commande est alors préparée et livrée directement à votre place.
Je me suis alors dit que la véritable innovation ne réside pas toujours dans une invention spectaculaire que l’on découvre dans les laboratoires, mais qu’elle peut aussi se trouver dans l’organisation de dizaines de petits services qui, mis bout à bout, rendent la vie quotidienne plus simple.
Le train était propre, le service parfaitement organisé et les déplacements entre les différentes gares se faisaient avec une grande fluidité. Ainsi, ce qui devait être pour nous un simple trajet entre deux villes s’est transformé en une expérience éducative particulièrement inspirante.
Bien sûr, la vitesse exceptionnelle du train et la qualité des infrastructures nous ont impressionnés, mais ce qui a surtout retenu mon attention, ce sont les détails, parfois infimes.
À bord, il est possible de scanner le QR code situé près de son siège pour consulter les services disponibles. On peut également commander un repas auprès des restaurants et services proposés dans les différentes gares du trajet ; la commande est alors préparée et livrée directement à votre place.
Je me suis alors dit que la véritable innovation ne réside pas toujours dans une invention spectaculaire que l’on découvre dans les laboratoires, mais qu’elle peut aussi se trouver dans l’organisation de dizaines de petits services qui, mis bout à bout, rendent la vie quotidienne plus simple.
Le train était propre, le service parfaitement organisé et les déplacements entre les différentes gares se faisaient avec une grande fluidité. Ainsi, ce qui devait être pour nous un simple trajet entre deux villes s’est transformé en une expérience éducative particulièrement inspirante.
Des mégapoles qui maîtrisent « l’art du calme »
Parmi les autres détails qui ont retenu notre attention, il y avait le calme relatif des rues, compte tenu de la taille et de l’ampleur de ces villes. Nous avons remarqué que l’une des principales raisons de cette quiétude résidait dans la présence massive de voitures, de vélos et de bus électriques.
La présence d’un si grand nombre de véhicules plus respectueux de l’environnement contribue à réduire sensiblement le bruit des moteurs traditionnels.
Nous avons ainsi découvert que la transition vers les énergies propres n’est pas seulement une question environnementale débattue dans les conférences, mais une réalité qui a un impact direct sur la qualité de vie quotidienne en ville.
Pour nos élèves, ce fut une excellente occasion de faire le lien entre ce qu’ils apprennent en classe sur l’environnement et le développement durable, et une réalité concrète qu’ils pouvaient observer et expérimenter de leurs propres yeux.
La présence d’un si grand nombre de véhicules plus respectueux de l’environnement contribue à réduire sensiblement le bruit des moteurs traditionnels.
Nous avons ainsi découvert que la transition vers les énergies propres n’est pas seulement une question environnementale débattue dans les conférences, mais une réalité qui a un impact direct sur la qualité de vie quotidienne en ville.
Pour nos élèves, ce fut une excellente occasion de faire le lien entre ce qu’ils apprennent en classe sur l’environnement et le développement durable, et une réalité concrète qu’ils pouvaient observer et expérimenter de leurs propres yeux.
Chengdu… lorsque le voyage est devenu plus humain
Puis nous sommes arrivés à Chengdu, qui fut pour beaucoup d’entre nous la grande surprise du voyage, et peut-être même la ville qui nous a le plus marqués sur le plan émotionnel. Nous avons flâné dans les rues de Jinli et de Chunxi, nous nous sommes installés dans une maison de thé traditionnelle, avons assisté à un spectacle d’opéra du Sichuan et découvert un rythme de vie différent de celui de Pékin, révélant un autre visage de la Chine et une autre facette de son âme.
Le panda : d’une tragédie à une success-story et à l’identité d’une ville
Mais la ville possède un hôte exceptionnel qui vous accompagne partout où vous allez : le panda. Avec ses traits attachants et ses mouvements amusants, il apparaît sur les devantures des magasins, les souvenirs, les peluches et les figurines. Nous avons eu le sentiment qu’il avait dépassé son statut de simple symbole de la ville pour devenir une véritable composante de son quotidien, comme si sa quiétude trouvait un écho dans les maisons de thé et les moments de détente que nous y avons vécus.
La visite de la base du panda géant nous a offert l’occasion de découvrir l’histoire qui se cache derrière cette image attendrissante : celle d’un animal confronté au risque d’extinction, et celle de longues années d’efforts qui ont transformé sa protection en une véritable réussite scientifique et environnementale, ainsi qu’en un symbole d’amitié.
Pour nous, en tant qu’éducateurs, cette expérience portait une histoire profondément inspirante et un message qui méritait d’être partagé avec nos élèves : celui de savoir transformer une tragédie en réussite, et une épreuve en opportunité.
La visite de la base du panda géant nous a offert l’occasion de découvrir l’histoire qui se cache derrière cette image attendrissante : celle d’un animal confronté au risque d’extinction, et celle de longues années d’efforts qui ont transformé sa protection en une véritable réussite scientifique et environnementale, ainsi qu’en un symbole d’amitié.
Pour nous, en tant qu’éducateurs, cette expérience portait une histoire profondément inspirante et un message qui méritait d’être partagé avec nos élèves : celui de savoir transformer une tragédie en réussite, et une épreuve en opportunité.
Au Musée de la cuisine du Sichuan, nos élèves ne se sont pas contentés d’observer : ils ont eux-mêmes participé à une expérience culinaire. Un moment simple, mais particulièrement riche de sens. Car lorsqu’un élève cuisine le plat d’un autre peuple, découvre ses ingrédients et s’initie à ses traditions, il se rapproche de sa culture bien plus qu’à travers une simple explication théorique.
Tout au long de notre voyage, trouver de la nourriture halal n’a jamais été une source de préoccupation. Nous en avons trouvé dans les différents lieux que nous avons visités, avec une offre variée et savoureuse. Même le goût relevé du piment dans la cuisine du Sichuan a été pour nous l’occasion de comparer et de plaisanter : il a rappelé à certains d’entre nous la saveur de la harissa tunisienne, comme si, à sa manière, la cuisine avait elle aussi trouvé un petit pont entre la Tunisie et la Chine.
Tout au long de notre voyage, trouver de la nourriture halal n’a jamais été une source de préoccupation. Nous en avons trouvé dans les différents lieux que nous avons visités, avec une offre variée et savoureuse. Même le goût relevé du piment dans la cuisine du Sichuan a été pour nous l’occasion de comparer et de plaisanter : il a rappelé à certains d’entre nous la saveur de la harissa tunisienne, comme si, à sa manière, la cuisine avait elle aussi trouvé un petit pont entre la Tunisie et la Chine.
Sanxingdui : une Chine qui avait pris de l’avance sur son époque de plusieurs millénaires
La visite du musée de Sanxingdui fut l’une des expériences les plus fascinantes de notre voyage. Les masques en bronze et les pièces archéologiques aux formes étonnantes nous ont amenés à repenser l’image que nous nous faisons des civilisations anciennes.
Les élèves ont également participé à un atelier inspiré de ces célèbres masques en bronze, offrant une nouvelle fois l’occasion de faire se rencontrer l’apprentissage et l’expérience.
En sortant du musée en réfléchissant à un magnifique paradoxe : ce pays qui nous surprend aujourd’hui par ses trains à grande vitesse, ses robots et ses services numériques est aussi celui qui porte en son sein les traces de civilisations qui faisaient preuve d’une remarquable créativité il y a des milliers d’années.
C’est peut-être là l’une des idées les plus importantes que j’ai rapportées de Chine : l’avenir ne signifie pas renoncer au passé ; au contraire, l’avenir peut être d’autant plus solide qu’une société connaît ses racines et veille à les préserver.
Les élèves ont également participé à un atelier inspiré de ces célèbres masques en bronze, offrant une nouvelle fois l’occasion de faire se rencontrer l’apprentissage et l’expérience.
En sortant du musée en réfléchissant à un magnifique paradoxe : ce pays qui nous surprend aujourd’hui par ses trains à grande vitesse, ses robots et ses services numériques est aussi celui qui porte en son sein les traces de civilisations qui faisaient preuve d’une remarquable créativité il y a des milliers d’années.
C’est peut-être là l’une des idées les plus importantes que j’ai rapportées de Chine : l’avenir ne signifie pas renoncer au passé ; au contraire, l’avenir peut être d’autant plus solide qu’une société connaît ses racines et veille à les préserver.
Mais le plus beau de ce que nous avons découvert, c’est l’être humain
Malgré tout ce que nous avons vu — monuments, technologies et infrastructures — ce qui nous est resté le plus profondément n’était ni un appareil, ni un bâtiment, ni même un train.
C’était l’être humain.
À de nombreuses reprises, nous avons eu besoin d’aide, et nous avons toujours trouvé quelqu’un pour essayer de nous comprendre et de nous aider, même lorsque nous ne parlions pas la même langue.
Dans les hôtels, les musées, les rues et les transports, nous avons ressenti cette disponibilité, cette gentillesse et cette volonté d’aider. Pour nos enfants, cette expérience revêt une importance particulière.
À une époque où un jeune peut découvrir un autre pays à travers des dizaines de photos, d’actualités et de vidéos, la rencontre directe avec l’autre reste une expérience profondément différente.
C’était l’être humain.
À de nombreuses reprises, nous avons eu besoin d’aide, et nous avons toujours trouvé quelqu’un pour essayer de nous comprendre et de nous aider, même lorsque nous ne parlions pas la même langue.
Dans les hôtels, les musées, les rues et les transports, nous avons ressenti cette disponibilité, cette gentillesse et cette volonté d’aider. Pour nos enfants, cette expérience revêt une importance particulière.
À une époque où un jeune peut découvrir un autre pays à travers des dizaines de photos, d’actualités et de vidéos, la rencontre directe avec l’autre reste une expérience profondément différente.
D’un voyage à un projet pour l’avenir
Lorsque l’avion nous a ramenés en Tunisie, j’ai compris avec certitude que le voyage ne s’était pas achevé à notre descente de l’avion ; il ne faisait que commencer !
En tant que fondateur d’une institution éducative, je suis devenu encore plus convaincu de la nécessité de construire de véritables passerelles entre nos enfants en Tunisie et leurs homologues en Chine.
Je souhaite que nos enfants apprennent le chinois non pas seulement comme une matière scolaire, mais comme une langue qui leur ouvre les portes d’une civilisation et d’un peuple, et leur permette d’aller à la rencontre de l’autre.
Je souhaite voir naître des jumelages entre des écoles tunisiennes et chinoises ; voir un élève tunisien et un élève chinois travailler ensemble sur un projet de robotique, d’environnement ou d’intelligence artificielle ; les voir échanger en ligne tout au long de l’année, puis se rencontrer un jour en Tunisie ou en Chine.
Je souhaite également que les enfants chinois découvrent la Tunisie comme nous souhaitons que nos enfants découvrent la Chine : un pays riche d’histoire, de civilisation et de culture, porté par une jeunesse qui rêve de l’avenir.
L’amitié entre les pays est importante, mais les plus belles amitiés sont celles qui commencent entre les peuples, entre les personnes.
Et peut-être que le plus bel investissement que la Tunisie et la Chine puissent réaliser dans leur relation est d’offrir à la nouvelle génération l’occasion de se découvrir, de se comprendre et de grandir ensemble.
En tant que fondateur d’une institution éducative, je suis devenu encore plus convaincu de la nécessité de construire de véritables passerelles entre nos enfants en Tunisie et leurs homologues en Chine.
Je souhaite que nos enfants apprennent le chinois non pas seulement comme une matière scolaire, mais comme une langue qui leur ouvre les portes d’une civilisation et d’un peuple, et leur permette d’aller à la rencontre de l’autre.
Je souhaite voir naître des jumelages entre des écoles tunisiennes et chinoises ; voir un élève tunisien et un élève chinois travailler ensemble sur un projet de robotique, d’environnement ou d’intelligence artificielle ; les voir échanger en ligne tout au long de l’année, puis se rencontrer un jour en Tunisie ou en Chine.
Je souhaite également que les enfants chinois découvrent la Tunisie comme nous souhaitons que nos enfants découvrent la Chine : un pays riche d’histoire, de civilisation et de culture, porté par une jeunesse qui rêve de l’avenir.
L’amitié entre les pays est importante, mais les plus belles amitiés sont celles qui commencent entre les peuples, entre les personnes.
Et peut-être que le plus bel investissement que la Tunisie et la Chine puissent réaliser dans leur relation est d’offrir à la nouvelle génération l’occasion de se découvrir, de se comprendre et de grandir ensemble.
Qu’avons-nous rapporté de Chine ?
Après notre retour, beaucoup m’ont posé la même question :
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en Chine ?
Est-ce la Grande Muraille ?
La technologie ?
Les trains ?
Chengdu ?
La propreté et la sécurité ?
La vérité, c’est que, pour moi, la réponse est devenue bien plus vaste que le choix d’un lieu ou d’une expérience en particulier.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en Chine ?
Est-ce la Grande Muraille ?
La technologie ?
Les trains ?
Chengdu ?
La propreté et la sécurité ?
La vérité, c’est que, pour moi, la réponse est devenue bien plus vaste que le choix d’un lieu ou d’une expérience en particulier.
Notre élève Fatma a déclaré : « C’est mon premier voyage dans le monde… Je suis venue aujourd’hui en tant que touriste, mais je réfléchis sérieusement à revenir en Chine, soit comme étudiante, soit pour y vivre. J’ai beaucoup aimé ce pays bien organisé, son peuple chaleureux et tout ce qu’il offre. »
Quant à moi, je suis revenu de ce voyage convaincu que la Chine est beaucoup plus proche de nous que ne le sont bien d’autres cultures et peuples.
Je suis revenu avec une profonde admiration pour un pays qui a su conjuguer une civilisation millénaire avec une ambition remarquable tournée vers l’avenir.
Je suis également revenu plus convaincu que jamais que le voyage fait partie intégrante de l’éducation, et que l’une des plus belles choses que nous puissions offrir à nos enfants est de leur ouvrir les portes du monde et de les laisser se poser des questions: Que pouvons-nous apprendre ? Et que pouvons-nous, nous aussi, créer et accomplir en Tunisie ? C’est pourquoi, si je devais résumer notre voyage en une seule phrase, je dirais:
Nous sommes allés en Chine pour découvrir un pays, et nous y avons découvert une civilisation. Nous sommes allés découvrir une civilisation, et nous y avons trouvé l’avenir. Et nous sommes partis visiter la Chine pour revenir avec les prémices d’une amitié que nous souhaitons voir s’épanouir, porter ses fruits avec cette génération et se prolonger auprès des générations futures.
Quant à moi, je suis revenu de ce voyage convaincu que la Chine est beaucoup plus proche de nous que ne le sont bien d’autres cultures et peuples.
Je suis revenu avec une profonde admiration pour un pays qui a su conjuguer une civilisation millénaire avec une ambition remarquable tournée vers l’avenir.
Je suis également revenu plus convaincu que jamais que le voyage fait partie intégrante de l’éducation, et que l’une des plus belles choses que nous puissions offrir à nos enfants est de leur ouvrir les portes du monde et de les laisser se poser des questions: Que pouvons-nous apprendre ? Et que pouvons-nous, nous aussi, créer et accomplir en Tunisie ? C’est pourquoi, si je devais résumer notre voyage en une seule phrase, je dirais:
Nous sommes allés en Chine pour découvrir un pays, et nous y avons découvert une civilisation. Nous sommes allés découvrir une civilisation, et nous y avons trouvé l’avenir. Et nous sommes partis visiter la Chine pour revenir avec les prémices d’une amitié que nous souhaitons voir s’épanouir, porter ses fruits avec cette génération et se prolonger auprès des générations futures.
